Une aventure pas comme les autres

Comment attiser la curiosité de tous les vietnamiens? Avoir une tête d’asiatique et ne pas parler vietnamien. On m’accoste souvent pour me demander des renseignements ; tout du moins, je suppose qu’ils me posent une question… J’ai essayé d’apprendre ‘je ne comprends pas’ en vietnamien mais comme par hasard, je ne m’en souviens jamais pour le répéter. Du coup, mon langage des signes a pu être mis à contribution : je fais les marionnettes (après avoir observé un certain temps les vietnamiens, je suppose que ça doit vouloir signifier la négation) et je dis non de la tête pour potentialiser mon incompréhension. La, ils se marrent et je me dis que je devrais démarrer une carrière d’humoriste a Ho Chi Minh-Ville.

A l’hôpital, le visage des médecins vietnamiens se transforme toujours en un grand point d’interrogation quand ils me voient. Les questions commencent alors à fuser en français et en anglais, j’ai du répéter au moins 20 fois la même explication, de telle sorte que je ne me souviens même plus à qui j’ai déjà donné l’explication. Je suis en train de réfléchir sur le fait d’investir dans un dictaphone…

Comme tous les matins, j’ai pris mon petit bus à Ben Thanh Market, le 34, et ce matin-là, un petit garçon est venu s’asseoir à côté de moi, il devait avoir 5 ou 6 ans. Pour faire passer mes 30 minutes de bus, je décidai donc de lire un peu “Les hommes qui n’aimaient pas les femmes” du suédois qui est mort. Quelques minutes passèrent avant que le curieux petit bonhomme à côté de moi ne fasse irruption dans ma lecture, il me montra du doigt la couverture en me parlant en vietnamien, je me sentis alors fort dépourvue sans que la bise ne soit venue, je ne comprenais rien à ce qu’il me disait. Je lui répondis alors en français : ‘Mais tu sais, je ne comprends rien à ce que tu me racontes!’ en prenant un air vraiment désolée. Il me regarda avec un air interloqué puis sans être plus perturbé que ça, continua à me parler vietnamien. Je me suis dis que j’aillais écouter son petit chant d’oiseau et faire semblant de comprendre ce qu’il me disait. Il finit par être très intéressé par mon marque page qui était un papyrus que mes parents m’avaient ramené d’Egypte. Il le prit, voulut le manger (je l’en ai empêché bien sur!) et recommença à me parler, je lui ai lu alors ce qui était écrit sur mon livre et il répétait après moi en rigolant. Etant un petit garçon rempli d’énergie, il a commencé à me raconter une histoire avec comme personnage principal, devinez qui? Mon marque page! (je jouais bien avec des feutres comme personnages alors je ne me moque pas!). Je sus alors que les 30 minutes allaient passer plus vite que prévu… A la fin, je lui offris le marque page, je l’aimais beaucoup, mais ce n’est pas vraiment un don quand on offre quelque chose auquel on ne tient pas. Ma journée commençait bien…

juillet 18th, 2008 at 9:38