Je suis partie en week-end avec une étudiante en médecine que j’ai rencontrée à l’hôpital sur une île encore sauvage et très peu touristique du nom de Can Dao. On a eu beaucoup de chance parce qu’apparemment, ce n’est pas si facile d’avoir des places d’avion quand on est étranger, on les a eues grâce à une médecin vietnamienne (bah oui, il n’y a pas de féminin pour médecin). En effet, il n’y a qu’un seul vol par jour qui fait l’aller retour, et c’est un tout petit avion de 65 places. Le vol ne dura que 40 minutes, à peine le temps de dire ouf, on était déjà au-dessus des îles avec l’eau turquoise… On rêvait déjà d’être sur les plages… Au tout petit bâtiment qui servait d’aéroport, un monsieur nous attendait déjà avec nos noms marqués sur un panneau, c’était si mignon! On a attendu nos bagages et c’était assez artisanal disons, pas de tapis roulant comme dans les grands aéroports, juste un petit bus qui nous ramenait nos bagages dans un trou dans le mur et une espèce de pierre où tous les bagages étaient déposés. Une fois nos sacs récupérés, hop! Dans le mini bus! On se tape les commentaires du monsieur Hôtel en vietnamien parce qu’on est bien sur les seules étrangères dans le bus… Je vous disais que l’île n’était pas encore envahie par les touristes et c’était vrai! Voyant qu’on ne comprenait rien de rien, monsieur H., compatissant, tente alors de nous expliquer en anglais avec l’accent vietnamien… On dit oui de la tête mais en fait on a rien pige! On s’est donc retrouvées dans un cimetière à rendre hommage aux morts… Petit rappel historique : sur cette île, les français et les américains ont construit des prisons pour les détenus de guerre. Beaucoup de soldats sont morts dans ces prisons où on pratiquait la torture. C’est là où on a vu que les vietnamiens étaient beaucoup plus patriotiques que nous et qu’ils n’avaient aucun esprit de rancune par rapport à ce qu’il s’etait passé dans le temps. Un vietnamien nous a dit en anglais :”On vient rendre hommage aux soldats pour ne pas oublier le passé, mais avec vous, les français, on ne parle que de l’avenir”. Puis arrivées à l’hôtel où on avait une jolie piscine et une plage privée, on en a profitées avant que le soleil ne se couche et on a dîné au bord de la plage.
C’est le lendemain que tout se corse… Le matin, on décide de se louer des motos pour aller faire le tour de l’île et s’arrêter dans les endroits qu’on trouverait sympas. On commence à tester les motos, c’était la première fois pour toutes les deux et on n’était pas très douées sur le coup, le personnel de l’hôtel flippait un peu de nous laisser les motos, mais on est finalement parties sans souci. Cheveux au vent sous le soleil, c’était génial ! Oups, le grain de sable arrive! On rencontre deux vietnamiens sur la route, ils nous proposent bien gentiment de les suivre, ils connaissent une plage superbe et ne nous demandent pas d’argent. Ils avaient l’air plutôt “friendly” et ils connaissaient sûrement mieux que nous les plages de l’île alors on s’est dit allez pourquoi pas! Dans quelle galère on s’est embarquées !!! On a commencé à prendre des petites routes sablonneuses, et je ne sais pas si vous avez déjà essayé de faire de la moto sur le sable, non? Bah, je peux vous dire que c’est quasi impossible et que ça glisse! Et ce qui devait arriver arriva, ma moto a glissé et est retombée sur moi, résultat : énormes bleus à la jambe gauche et au bras droit. Le temps de m’en remettre un peu, les autres me consolant, et hop, c’était reparti, j’avais envie de voir cette magnifique plage quand même. On est arrivées donc sur une première plage, elle était plutôt pas mal, mais ce n’était pas encore celle-là, on devait garer nos motos là, et continuer à pieds… Pas de souci pour les motos, la réceptionniste nous l’a assuré “No criminals in Can Dao”, on laisse donc nos motos sans plus d’inquiétudes. On a demandé combien de temps ça nous prendrait, l’un des vietnamiens nous dit que ça ne prendra que 30 min de marche… C’est bon, ce n’est pas long, on les suit… On est entrées alors dans une espèce de jungle forêt dans la montagne qu’il fallait traverser pour se retrouver de l’autre côté de l’île, et c’est comme ça que débuta mon chemin de croix… Une première rencontre avec des guêpes, une dizaine qui m’ont piquée alors que je ne leur avais rien fait ! Et je peux vous dire que ça fait hyper mal! Il faisait vraiment chaud et on suait par litre d’eau, j’étais en tongs parce qu’on n’avait pas prévu de marcher des km, et une de mes tongs a fini par me lâcher… On a essayé de réparer ma tong avec le cordon de l’appareil photo et j’ai marché avec cette tong de fortune… après 2h de marche, on arrive enfin… et là … la stupéfaction : la plage la plus moche de l’île, que des rochers!! C’est là que mon autre tong me lâcha… les pierres brûlaient sous mes pieds, j’étais fatiguée et avec mon amie, on avait envie de rentrer tout de suite. Manque de bol, ce n’était pas du tout le plan des deux autres, ils sont partis pêcher tandis que nous les attendions… On est partis un peu se baigner, histoire de dire qu’on n’était pas venues pour rien. Valériane, l’étudiante en médecine, me retrouve des tongs échouées sur la plage, pas de la même taille mais c’était mieux que pieds nus pour rentrer. On n’avait pas ramené assez d’eau et pas assez à manger et on était coincées là parce qu’on ne connaissait pas le chemin du retour dans la cambrousse… L’idée de contourner l’île à la nage germa mais aucune de nous n’avait l’esprit assez suicidaire pour le faire. Quand ils eurent fini de s’amuser, on est rentrées en courant presque parce qu’ils ne voulaient pas qu’on se retrouve dans la forêt dans la nuit ; j’étais épuisée et je pensais que j’allais finir par mourir dans la forêt. On est arrivées saines et sauves à l’hôtel pour un dîner bien mérité et une grande nuit de sommeil… Demain, pas de bêtise, on se fait les musées et les prisons tranquilos…